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Home Points forts / destacable

Trump a perdu la guerre, l’accord avec l’Iran a été signé

by UIT-CI
juin 19, 2026
in Points forts / destacable
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Trump a perdu la guerre, l’accord avec l’Iran a été signé
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Trump a annoncé au monde entier que le « protocole d’accord » avec l’Iran avait enfin été signé afin de mettre fin à la guerre avec ce pays, qui avait commencé le 28 février. Après que Trump l’eut annoncé à 39 reprises sans que cela ne se concrétise, l’accord a finalement été signé ce mercredi 17.

Lors d’une cérémonie symbolique qui s’est déroulée au château de Versailles, en France, en présence du président français Emmanuel Macron, c’est Trump qui a été chargé de signer l’accord au nom des États-Unis. De son côté, le Premier ministre iranien, Shehbaz Sharif, l’a signé au nom de l’Iran par voie électronique.

L’accord en 14 points prévoit un « cessez-le-feu permanent et immédiat sur tous les fronts, y compris au Liban ». Il prévoit également le déblocage de plusieurs milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés dans un délai de 60 jours, période durant laquelle la phase suivante des négociations doit démarrer. La moitié de ce montant devrait être débloquée avant le début des pourparlers.

Le mémorandum prévoit la suspension des sanctions sur la vente de pétrole iranien, de produits pétrochimiques et de leurs dérivés, ainsi que la levée du blocus naval imposé par les États-Unis. De son côté, l’Iran doit ouvrir le détroit d’Ormuz, même s’il a été révélé que celui-ci demeurera sous son contrôle. La question nucléaire continuera de faire l’objet de discussions.

Cet accord constitue une défaite politique et militaire pour les États-Unis.

Bien que Trump ait voulu présenter cet accord « de paix » comme une victoire personnelle et celle des États-Unis, c’est tout le contraire.

Trump a déclenché cette guerre d’agression, aux côtés de l’État génocidaire d’Israël, le 28 février, en annonçant qu’elle serait terminée en quelques semaines, avec la chute du régime iranien, la destruction de ses forces armées, de ses missiles et de son programme nucléaire. Trump est allé jusqu’à menacer l’Iran de la « fin de sa civilisation » et de le faire « retomber à l’âge de pierre » s’il ne se rendait pas et n’ouvrait pas le désormais célèbre détroit d’Ormuz. Il avait fixé la date butoir au 7 avril. L’Iran est resté ferme et aucune des menaces de Trump ne s’est concrétisée. Le détroit d’Ormuz n’a jamais été ouvert et, depuis lors, Trump n’a même pas osé tirer un seul coup de canon sur le territoire iranien. Et, plus de deux mois plus tard, Trump doit signer un accord avec l’Iran qui, selon toute apparence, ne lui est pas favorable.

Cette définition de la défaite politique et militaire n’est pas par ailleurs seulement la nôtre, celle de l’UIT-QI et de la gauche trotskiste. Elle a été formulée ni plus ni moins que par le New York Times, l’un des principaux, sinon le plus important, journal capitaliste des États-Unis. Dans son édition du 16 juin 2026, il titrait, dans un article signé par son comité de rédaction : « Le président Trump a perdu cette guerre. » Il vaut la peine de reproduire sa description de la portée de cette défaite de Trump :

« Les États-Unis en ressortent affaiblis — sur les plans militaire, diplomatique et économique — et en paieront le prix stratégique fort dans les années à venir… (…) C’est une dégradation humiliante pour lui et pour le pays qu’il dirige. » Depuis le début de la guerre, il affirmait que les États-Unis remporteraient une « victoire totale et complète » et que l’Iran devait accepter une « capitulation sans condition ». Il a laissé entendre qu’un changement de régime aurait lieu. De plus, il a déclaré que l’Iran ne serait autorisé à procéder à « aucun enrichissement » d’uranium et que « les États-Unis, en collaboration avec l’Iran, déterreraient et retireraient tout le matériel nucléaire de qualité quasi-militaire » que ce pays possède déjà et qui se trouve sous terre. Rien de tout cela ne semble s’être réalisé. Le gouvernement iranien, partisan de la ligne dure, reste au pouvoir. » 

Trois raisons expliquent cette nouvelle défaite de l’impérialisme américain : 1) la résistance inattendue et farouche opposée par l’Iran, 2) la guerre d’agression a provoqué une aggravation de la crise de l’économie capitaliste mondiale suite à la fermeture du détroit d’Ormuz et 3) il y a eu un rejet massif de la guerre par la population aux États-Unis, y compris au sein de la base républicaine. Ce rejet a atteint plus de 60 % dans les sondages d’opinion. Seuls 27 % y étaient favorables. En mars, des manifestations ont eu lieu dans plus de 3 000 villes des États-Unis, rassemblant jusqu’à 8 millions de personnes dans les rues aux slogans « No kings » (Pas de rois) et « Non à la guerre ». Nous parlons d’une nouvelle défaite politique et militaire car la dernière en date était le retrait militaire d’Afghanistan, en 2022, après 20 ans d’occupation infructueuse du pays.

Le rejet d’Israël et la crise du sionisme remettent tout en question

Une autre manifestation de la défaite de Trump et des États-Unis est la prise de distance politique forcée, même si elle est uniquement déclaratoire, vis-à-vis de Netanyahou et d’Israël.

L’État sioniste d’Israël, au-delà de ses crimes contre l’humanité au Liban, en Iran et en Palestine, en ressort lui aussi vaincu. À tel point qu’il n’a pas pris part aux négociations et que Trump a dû critiquer publiquement Netanyahou pour ses agissements au Liban. Il y a été contraint par les exigences de l’Iran. En effet, il avait besoin de signer l’accord pour sortir au plus vite de l’impasse politique et militaire dans laquelle il se trouvait. C’est ainsi qu’il tente de regagner un peu de marge de manœuvre politique en vue des élections législatives de novembre aux États-Unis, qu’il risque de perdre.

L’ampleur de la défaite de Trump et de Netanyahou est mise en évidence par un choc sans précédent entre l’impérialisme américain et Israël. L’échec des deux parties en Iran aggrave la crise interne du sionisme et met en évidence l’isolement politique croissant d’Israël dans le monde.

Netanyahu et ses alliés sionistes d’extrême droite, tels que les ministres Ben-Gvir et Katz, ne peuvent accepter que l’on remette en cause l’invasion du Liban et leur politique de colonisation par Israël en Palestine et au Moyen-Orient. Ils ont déjà annoncé leur intention de rester au Liban. Mais, l’annonce de l’accord et le renforcement manifeste de l’Iran aggravent la division au sein du sionisme. Cet accord pousse une partie importante de la base populaire sioniste et des dirigeants politiques opposés au gouvernement à dénoncer et à rejeter Netanyahu. Cette division et ces remises en cause se traduiront également lors des élections israéliennes d’octobre.

L’ancien Premier ministre Ehud Barak a déclaré : « Israël paie le prix de l’arrogance et de l’aveuglement de Netanyahu. L’Iran en est ressorti renforcé et Israël affaibli ; c’est là la responsabilité stratégique de Netanyahou. Il a échoué. » (Clarín, Argentine, 16/06/2026)

Le comble de la crise réside dans les déclarations que Trump ne cesse de proférer à l’encontre de Netanyahou. «Vous êtes complètement fou. Vous seriez en prison sans moi. Tout le monde déteste Israël à cause de cela » (Clarín, Argentine, 2 juin 2026). Dès la confirmation de l’accord, il a souligné que «Sans nous, sans les États-Unis, Israël n’existerait pas » (…) « Désormais, Bibi (c’est-à-dire Netanyahu) doit se montrer plus responsable vis-à-vis du Liban » (idem, 17 juin 2026). 

La signature de l’accord ne garantit pas son respect et la crise continuera

Le mémorandum signé entre les États-Unis et l’Iran repose sur des bases fragiles. Il ne s’agit que d’une tentative précaire de Trump pour mettre fin à son agression impérialiste ratée. Le facteur israélien et sa tentative de maintenir son invasion criminelle du Liban pourraient constituer le premier et principal obstacle. La fragilité de l’accord signé pourrait conduire à la reprise de nouvelles agressions militaires de la part de Trump et des États-Unis contre l’Iran et le Moyen-Orient. Depuis l’UIT-QI, nous prendrons part à la mobilisation unitaire des peuples du monde contre de nouvelles agressions envers l’Iran. Nous continuerons à soutenir la juste cause du peuple iranien sans pour autant apporter de soutien politique ni faire naître la confiance envers son régime capitaliste, dictatorial et théocratique.

Depuis l’UIT-QI, nous considérons que la défaite politique et militaire subie par Trump et Israël en Iran est une victoire du mouvement de masse à l’échelle mondiale. Elle démontre que l’impérialisme n’est pas invincible, que sa puissance militaire et économique ne suffit pas à vaincre les peuples. Ce recul de Trump constitue également une défaite pour l’extrême droite mondiale, en particulier pour les Milei en Argentine, Bukele au Salvador ou Kast au Chili, qui soutiennent ses crimes et ceux d’Israël. Il renforce la lutte visant à vaincre la contre-offensive impérialiste, l’extrême droite et les gouvernements partisans de l’austérité et des coupes sociales. Elle renforce aussi la poursuite de la lutte en soutien au peuple palestinien et au peuple libanais, afin de mettre fin au génocide perpétré par l’État sioniste d’Israël et de parvenir à une Palestine libre, du fleuve à la mer. En Bolivie également, la classe ouvrière et les paysans et paysannes sont descendus dans la rue pour affronter le gouvernement de droite de Rodrigo Paz, qui n’était en fonction que depuis six mois. C’est là la voie à suivre, celle de la mobilisation des masses, pour vaincre Trump et les projets de domination de l’impérialisme yankee.

18 juin 2026.

Miguel Sorans

Membre de la direction d’Izquierda Socialista (Argentine) et de l’Unité internationale des travailleuses et travailleurs – Quatrième Internationale

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