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Home Points forts / destacable

Trump conclut un accord avec Poutine contre le peuple ukrainien

by UIT-CI
octobre 17, 2026
in Points forts / destacable
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Trump conclut un accord avec Poutine contre le peuple ukrainien
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De manière surprenante, Donald Trump a annoncé le 9 octobre qu’il était parvenu à un accord avec Poutine, président de la Russie, pour augmenter l’approvisionnement en diesel sur les marchés américains et mondiaux. Cela faisait partie de l’accord pour une « trêve énergétique » dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine. À l’issue d’un entretien téléphonique de 90 minutes avec Poutine, Trump a écrit sur Truth Social selon laquelle il a été convenu que la Russie fournirait immédiatement plus de 300 000 tonnes de diesel aux marchés américains et mondiaux, 500 000 tonnes supplémentaires au cours du mois de novembre, et 1 000 000 de tonnes immédiatement après ».

L’annonce de Trump, figure d’extrême droite, a provoqué un nouveau scandale politique international. Cet accord avec Poutine, en pleine guerre avec l’Ukraine due à l’invasion impérialiste russe, qui dure depuis plus de quatre ans, constitue un soutien direct à l’agresseur, puisqu’il le favorise grâce aux milliards de dollars qu’il va percevoir grâce à cette vente de carburant.

Le comble, c’est que Trump n’a même pas prévenu Zelensky, le président ukrainien, de son appel, et encore moins de cet accord ; ce dernier l’a appris par les réseaux sociaux. Zelensky l’a qualifié de « cadeau d’anniversaire pour Poutine ».

Trump rompt ainsi, de manière unilatérale, avec toutes les sanctions économiques qui pèsent sur la Russie. Cela met une nouvelle fois en évidence que le chef de l’impérialisme américain, depuis son entrée en fonction en janvier 2025, cherche ouvertement à conclure un pacte avec Poutine, ce qui revient à le soutenir pour que l’Ukraine capitule et cède le Donbass et la Crimée, qui font partie de son territoire historique, ont été usurpés et sont désormais contrôlés militairement par Poutine.

Trump fait ouvertement ce que Biden faisait déjà en secret lorsqu’il était président au moment de l’invasion en février 2022. À l’époque, Biden avait proposé à Zelensky un avion pour le faire sortir d’Ukraine et s’exiler. C’est ce que confirmait CNN en 2022 dans un article : « Zelensky a rejeté une offre des États-Unis visant à l’évacuer de la capitale, Kiev (…)

«Le combat se déroule ici ; j’ai besoin de munitions, pas d’un coup de main », a déclaré Zelensky (CNN, 26/02/2022). En d’autres termes, Biden était favorable à l’abandon de l’Ukraine à Poutine, qui avait annoncé qu’il s’emparerait de Kiev, la capitale ukrainienne, en deux semaines. C’est grâce à la résistance militaire et populaire de masse que cela ne s’est pas produit.

Cela fait quatre ans et demi que la guerre dure et aucune solution n’est en vue. Ni les États-Unis, ni les impérialismes européens, ni le Vatican n’ont jamais été favorables à la défaite de Poutine. Le pape François, par exemple, en 2024, « a exhorté le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à faire preuve de “courage” pour hisser le “drapeau blanc” et négocier la fin de la guerre avec la Russie » (9 mars 2024, Infobae). Ce qui a valu au défunt pape un rejet populaire justifié en Ukraine.

L’accord portant sur l’achat de tonnes de diesel russe et la pression exercée par Trump sur l’Ukraine pour qu’elle mette fin aux attaques efficaces menées par des drones contre les raffineries de pétrole sur le territoire russe sont autant d’éléments qui favorisent la Russie. La guerre est dans l’impasse et la Russie ne parvient pas à progresser sur le front. L’économie russe est mise à mal par les dépenses de guerre, les réserves de pétrole s’amenuisent d’autant plus que la production de pétrole et de ses dérivés a subi de lourds coups. L’achat de diesel par les États-Unis lui permet d’engranger des milliards de dollars et de bénéficier d’un répit. Elle aurait également besoin que l’Ukraine cesse de bombarder ses raffineries. D’où la demande de Trump en faveur d’une « trêve énergétique ». Une proposition que, pour l’instant, ni la Russie ni l’Ukraine n’acceptent.

Mais, l’objectif de Trump est de conclure un accord de longue haleine avec Poutine et, pour cela, il mise sur la capitulation de l’Ukraine. C’est pourquoi Trump s’est ouvertement mis à remettre en cause Zelensky. En effet, pour l’instant, celui-ci refuse de « négocier », ce qui revient directement à dire qu’il doit capituler et accepter que Poutine et la Russie s’emparent d’une partie de l’Ukraine. Zelensky sait, comme tout dirigeant bourgeois, qu’accepter une telle capitulation signifierait la fin certaine de son gouvernement. D’autre part, la politique économique du gouvernement capitaliste de Zelensky, au service des grands oligarques et marquée par une forte corruption, affaiblit de fait la résistance populaire.

Trump est allé jusqu’à réclamer des élections pour évincer Zelensky, presque au nom de Poutine. Il a accusé Zelensky «de ne pas vouloir négocier, et a souligné que le Kremlin était intéressé par une solution permettant de désamorcer le conflit (…) Il a estimé que le moment était venu d’un changement de président et a demandé aux Ukrainiens de «se trouver un nouveau dirigeant capable de parvenir à un accord» (Clarín, Argentine, 13/10/2026).

Trump agit ouvertement en faveur de Poutine, pour plusieurs raisons : 1) parce que la crise politique, économique et militaire de l’impérialisme américain s’est aggravée, alimentée par la politique agressive et colonisatrice de Trump, et qu’il doit montrer qu’il continue d’essayer de mettre fin à la guerre en Ukraine, 2) parce que Trump a essuyé un échec dans sa guerre d’agression contre l’Iran et que l’une des conséquences a été la hausse du prix du pétrole, ce qui a aggravé la crise économique capitaliste, en particulier aux États-Unis, portant atteinte au niveau de vie des Américains et des Américaines, avec une inflation due à la hausse du prix des carburants, 3) parce que, face à la chute de sa popularité, le risque grandit qu’il perde la majorité des chambres législatives lors des élections de mi-mandat du 3 novembre, et qu’il doit donc se montrer prenant des « mesures » pour tenter de réduire les prix des carburants, en l’occurrence, en achetant des tonnes de diesel à Poutine.

Toute cette action de Trump, en accord avec Poutine, met en évidence deux choses : 1) que l’impérialisme yankee, dominant dans le monde capitaliste, cherche à faire perdre l’Ukraine et son peuple face au pays agresseur qu’est l’empire russe ; et 2) qu’il n’est pas correct, comme le font de nombreux secteurs de gauche, de définir cette guerre comme « interimpérialiste ». Cela a semé une grande confusion dans certains secteurs de l’avant-garde anti-impérialiste et de gauche.

Ce sont des discussions difficiles en raison de la confusion qui règne dans le monde. Et, parce que de nombreuses directions réformistes de gauche présentent Poutine et la Russie comme s’ils étaient « anti-impérialistes ». La Russie est un pays capitaliste impérialiste et Poutine est un dictateur d’extrême droite. L’URSS n’existe plus. Et, d’autre part, l’Ukraine est une semi-colonie bourgeoise européenne. La Russie envahit l’Ukraine pour tenter de la coloniser. Comme les États-Unis envahissent ou agressent l’Iran. Il n’y a pas deux pays impérialistes qui s’affrontent. La politique de compromis de Trump avec Poutine le montre : il ne s’agit pas de deux impérialismes au bord de la guerre, mais de deux puissances qui cherchent un accord pour se partager l’Ukraine.

Trump montre explicitement qu’il considère l’Ukraine comme une monnaie d’échange entre les impérialismes et qu’il est prêt à céder une bonne partie du territoire ukrainien à la Russie en échange de quoi celle-ci ne ferait pas obstacle à ses nombreuses opérations d’agression yankees dans d’autres régions. D’où l’abstention de Poutine face au plan de Trump pour Gaza ou son inaction face à l’attaque des États-Unis contre son allié, le Venezuela, et à l’enlèvement de son président Maduro. Trump a déjà imposé à l’Ukraine de céder une partie de ses ressources en terres rares en contrepartie du matériel militaire fourni.

Il existe bien sûr des divergences et des conflits interimperialistes entre les différentes puissances de l’Union européenne (UE) et la Russie. Mais, il y en a également entre les États-Unis et l’UE, au point que Trump a même tenté de s’approprier le Groenland, qui appartient au Danemark.

Beaucoup affirment : « Mais derrière Zelensky, il y a l’OTAN qui soutient la défaite militaire de Poutine ». Or, ce n’est pas vrai. Comme nous le soulignons depuis l’invasion de 2022, ni les États-Unis, ni l’UE, ni l’OTAN ne souhaitaient la défaite militaire de Poutine, et cherchaient plutôt à négocier le partage de l’Ukraine. C’est pourquoi ils n’ont jamais fourni à l’Ukraine la quantité d’armement moderne dont elle avait besoin.

Les pays européens et les États-Unis ont mis, par exemple, plus d’un an et demi pour envoyer quelques chars en Ukraine, dont beaucoup étaient des modèles obsolètes. L’Allemagne a envoyé une centaine, du modèle Leopard 1A5, qui «est si ancien que les instructeurs allemands ont dû faire appel à des soldats des armées néerlandaise et danoise – où ce modèle a été utilisé plus longtemps – ainsi qu’à d’anciens tankistes allemands formés dans les années 1980 et 1990» (Clarín, Argentine, 31/08/2023).

Le point fort de l’Ukraine, dans son industrie militaire, réside dans la production de drones qui, depuis un an, font des ravages sur le territoire russe. Mais, cela tient au génie et aux compétences des techniciens, scientifiques et ouvriers ukrainiens.

En revanche, la grande faiblesse militaire de l’Ukraine est l’absence de défenses antiaériennes capables d’arrêter les missiles russes modernes qui s’abattent quotidiennement sur Kiev et d’autres villes.

Les seuls à pouvoir les arrêter sont les intercepteurs Patriot de fabrication américaine. Mais, cela fait déjà longtemps que l’Ukraine est à court de ces intercepteurs et qu’elle n’en reçoit plus. C’est là une réalité que beaucoup ignorent. «Un lanceur Patriot repose au milieu d’un champ de maïs, ses tubes vides. Cela fait des semaines qu’il n’a pas tiré. Non pas parce que le système ne fonctionne pas, mais parce que Kiev est à court d’intercepteurs. » (El Nacional, Barcelone, 18/8/2026). Trump a annoncé en septembre la « possibilité » d’accorder une licence pour que l’Ukraine produise les Patriot, mais cela pourrait prendre des années car cela nécessite la mise en place d’une chaîne industrielle complexe et d’une technologie hautement spécialisée.

Nous pensons qu’il est erroné de considérer qu’il s’agit de deux camps tout aussi mauvais l’un que l’autre. Nous, les socialistes révolutionnaires de l’UIT-QI, ne sommes ni du côté de l’OTAN ni ne soutenons le gouvernement bourgeois de Zelensky. Nous soutenons la résistance du peuple ukrainien qui, depuis plus de quatre ans, fait face à une invasion de son territoire par l’impérialisme russe. De la même manière que nous soutenons l’Iran contre l’agression de Trump. Mais, cela ne signifie pas pour autant que nous soutenons le régime dictatorial des ayatollahs.

À l’instar des maîtres du marxisme, nous affirmons que cette guerre représente la cause juste d’une nation opprimée contre une puissance envahissante, l’impérialisme russe, qui cherche à s’emparer d’une grande partie du territoire ukrainien.

Ce n’est pas la première fois qu’une guerre juste est menée sous une direction contre-révolutionnaire. En 1937, Trotsky a soutenu la Chine semi-coloniale et capitaliste dans sa guerre contre le Japon, l’envahisseur impérialiste, bien que le pays fût gouverné par Tchang Kai-Shek, un dictateur fasciste meurtrier qui avait massacré des milliers d’ouvriers et de paysans lors des insurrections et des révoltes des années 1920. La Chine recevait des armes de l’Allemagne hitlérienne, puis de l’impérialisme américain, et plus tard de l’URSS. Nous suivons ces enseignements. Et, si nous ne le faisions pas, il faudrait dire que Trotsky s’est trompé.

De la même manière qu’en 1982, avec Nahuel Moreno et le Parti socialiste des travailleurs (PST), nous avons soutenu l’Argentine dans la guerre des Malouines contre la Grande-Bretagne : une guerre menée par une dictature génocidaire. Le mot d’ordre de lutte de l’époque reste d’actualité aujourd’hui : « Les Malouines sont argentines ».

 

14 octobre 2026

Miguel Sorans, dirigeant d’Izquierda Socialista, en Argentine, et de l’UIT-QI

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